4 mai 2018

L'anxiété et moi

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Modifié :  mars 8

 

Ma première crise de panique est arrivée durant un examen au secondaire, mais je n'avais aucune idée c'était quoi. C'est après être allée consulter que je me suis fait diagnostiquer avec de l'anxiété généralisée. Je m'en rappelle encore, je me trouvais bizarre d'être la seule qui n'était pas capable de parler en public ou qui n'était pas capable de poser une question en classe par peur du jugement des autres. Je me trouvais lâche d'annuler une sortie à la dernière minute avec mes amies même si je voulais y aller parce que j'écoutais mon anxiété qui me disait que j'allais pas aimer ça et que mes amies m'ont invité par pitié. C'est ce qui m'a amené à m'isoler de mes amies. Arrivé au cégep, j'ai eu une autre crise de panique durant un examen. Par la suite, j'ai décidé d'aller consulter un psychologue pour en savoir plus sur ce qu'est l'anxiété et les crises de panique, car j'avais peur d'aller au cégep et de ravoir une attaque de panique. Il m'a conseillé d'aller lire le livre "La peur d'avoir peur" de André Marchand. Ce livre m'a vraiment aidé à comprendre ce que j'avais, mais aussi de comprendre que je suis pas la seule qui se sent comme ça. C'est un livre qui parle de ce qu'est l'anxiété, des attaques de paniques et du trouble de panique. Par contre, l'erreur que j'ai fais c'était d'arrêter mes séances avec le psychologue, car je me sentais bien et que je comprenais maintenant ce que j'avais. Effectivement, j'allais mieux mais pas assez. Donc, j'ai consulté encore, mais cette fois-ci j'ai fais une thérapie de groupe pour les personnes anxieuses avec une approche béhavioriste. Cette thérapie m'a énormément aider avec l'anxiété sociale, car pour pouvoir obtenir de l'aide je devais partager mes pensées avec le groupe. Elle consistait beaucoup à comprendre nos pensées négatives en les changeant avec des pensées alternatives et pleins d'autres trucs aussi. Durant cette thérapie, il y avait autant des hommes que de femmes et d'âges diffèrent, mais c'était les mêmes tout le long.

 

 

J'ai encore des attaques de paniques, mais la différence c'est que je peux les contrôler et je suis capable de les prévenir d'arriver, car je connais mes symptômes alors je sais comment les calmer. En ce moment, je consulte encore un psychologue hebdomadairement, et je suis en attente pour avoir un rendez-vous pour avoir de la médication pour m'aider avec l'anxiété. Je ne suis peut être pas "anxiety-free", mais je suis en démarche de m'aider et c'est ça l'important. Il ne faut pas rester seule là-dedans par peur de se faire juger ou par honte de demander de l'aide. Parfois, il n'y a rien de mal de demander de l'aide d'un professionnel, il est formé pour ça. Je me sens mieux que voilà 5 ans, car j'ai de l'aide d'un professionnel et surtout le support de ma famille et de mes amies, mais j'ai encore du progrès à faire. J'ai aussi compris que l'anxiété ne me défini pas en tant que personne, mais ça fait parti de moi que je le veuille ou pas. 

 

- Anonyme

 

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  • Ayant grandi dans une famille haïtienne, deux choses marquèrent profondément mon éducation. La prépondérance du fait d'être noir, et l'influence viscérale de la religion. L'éducation chrétienne protestante définit longtemps mes barèmes moraux, et ma négritude mes préférences. Lorsque je me mis à me poser des questions profondes sur mon identité, je me rendis rapidement compte que ces dogmes ne pouvaient pas me permettre d'être complet. Sans cracher sur la chrétienneté ou la mouvance pro-black, je me rendis rapidement compte que je ne pouvais pas être moi-même en conjuguant principalement ces deux sphères identitaires, être moi était beaucoup plus subtil que cela. Je l'avais toujours ressenti, maintenant je le savais. En étudiant mon histoire, celle de mon pays ancestral, celle du pays où je suis né, celle des pays d'où viennent mes plus lointain ancêtre, je constatai rapidement que ma couleur de peau était un rappel de mes origines, un drapeau dont je suis fier, un logo que j'arbore avec prestance, mais l'essentiel de ce que je considère mon héritage ne peut pas être simplifié à cela. Que faire du fait que j'ai grandi dans un pays de blanc, que le français est ma langue première? Qu'on le veuille ou non, j'en ai tiré une richesse qui jusqu'à ce jour me définit en partie. Que faire du fait que mes plus lointains ancêtres venaient d'Afrique alors que l'haïtien moyen s'entête à dénigrer son héritage Kongo-Dahoméen. Quelle place dois-je accorder dans mon esprit aux aborigènes Carib-Taino qui se mêlèrent au sang d'Afrique dans le feu des colonies. Que faire de tous ces blancs... Allemands, Italiens, Syriens, Polonais, Français, Espagnol, Juifs et tant d'autres qui par l'amour ou la force parsèment en masse leur sang dans le nôtre? C'est la complexité de l'héritage identitaire. Pour qu'on puisse le comprendre, on doit le figer, mais en le figeant, on perd toujours une partie essentielle de la chose. On oublie facilement que chaque peuple fut né d'un métissage. Équilibrer les tout fait partie de mes défis de vie, mon plus grand projet d'existence. Quel plaisir d'apprendre à connaître la subtilité de sa propre existence, vivre l'amplitude de nos multiples dualités. Lorsque je n'allais pas bien, un ami à moi passa régulièrement me voir. Pas nécessairement à chaque semaine mais ça tombait toujours au bon moment. Il me redirigeait constamment vers la notion du plaisir., qu'il en ai conscience ou non. Samuel! On va à la plage! Samuel! On va faire venir des femmes! Samuel! On va prendre ça relax avec la clique devant une bière et un bon match. J'étais très sensible, je savais que lui aussi passait par ses propres moments troubles, et sa capacité à rester proactif m'impressionnait. Si similaire vécu différament. Il s'en faisait pour moi souvent plus que je ne m'en faisais pour moi même. Je le sentais profondément et pourtant, je ne me sentais jamais inondé par ses préoccupations. Ce fût quelque chose qu'il me fût très dure d'obtenir du domicile familial. Il comprenait que pour un homme, la dignité c'est vitale. C'est l'amour qu'on se donne à soi-même, qu'on ne peut recevoir de personne, qu'on étouffe parfois chez l'autre de bonnes intentions. Lui non plus n'était pas fortuné, mais il était toujours classe. J'avais longtemps perçu ce type de préoccupation comme étant vide et vain. Je ne voyais pas l'importance de briller autant, ces gens ne me connaissent pas, qui sont-ils pour exiger l'effort de cette particulière attention? Il me fit comprendre qu'au delà de l'image, il y a le symbole, que ces choses étaient moins superficielles que je ne le pense et plus profondes que je ne le crois. Il faut le demander aux femmes. On se croit conscient, mais chaque personne écoute en lui deux voix. La première parle les mots d'un langage, la deuxième écoute la symbolique d'une action, ce que cache l'image, et parle d'impulsion. J'ai compris que je n'avais pas besoin de ces choses avant. Je m'organisais à la capacité de mes efforts à me sentir bien le plus souvent. Lorsque j'allais bien, c'était à mon avantage, lorsqu'on se déconstruit, c'est une malédiction. Ainsi, j'ai un peu compris l'essence de l'apparat. C'est un peu notre fond d'urgence pour gérer la distance des émotions, pour balancer ce qu'elle projettent, par sobriété ou amplification. C'est l'aspect humain de la chose.. La dépression c'est pour les vrais - Mieux comprendre la richesse des moins bon moments. Samuel Laguerre
  • « Parfois, abandonner son navire vaut mieux que la noyade - ou comment j'ai appris que j'étais en dépression. Bonjour tous, Que vous soyez membres de ma famille, amis de tous les jours ou simple connaissance passée de mon secondaire, CEGEP, etc., la plupart me connaissent comme E., le garçon toujours ouvert aux autres, prêts à faire la fête et extraverti. Si seulement une minorité ici me connaissent réellement personnellement, vous avez au moins déjà vécu un moment de votre existence aux côtés de la mienne, et cela a une grande valeur pour moi. Car sans vous, je ne serai peut être plus de ce monde. Aussi vais-je vous confier la vérité sur ma vie depuis un bon moment. Vous donner un hublot pour regarder à l'intérieur de mon navire, qui vogue contre vents et tempêtes depuis près de 22 ans. Voir les différents passagers qui m'ont aidé à traverser les crises; que ce soit mes parents qui m'ont toujours et continuent de chercher mon bonheur, mes ami.e.s prêt.e.s à m'écouter lorsque je risquais une ouverture avec eux (trop rarement) ou encore mes premiers amours avec qui j'ai découvert une intimité inédite mais ô combien précieuse. Ces professeurs, coachs, mentors qui m'ont sans cesse poussés de l'avant pour atteindre un potentiel qui, s'il n'est que rarement objectivement incroyable, me faisait voir une valeur à mon navire. Bien que je ne me sois pas toujours bien comportés avec ces gens, ils m'ont malgré tout offerts leur maximum et m'ont motivé à devenir qui je suis. Ils m'ont fait gagné une bonne confiance en moi, une ouverture au monde, un désir de faire le bien. Cependant, je veux aussi enfin exposer les saboteurs qui m'ont fait couler de plus en plus fort dans l'océan (cette allégorie est moisie je sais): mon hermétisme émotionnel, ma dévalorisation lorsque je suis en retard, ma tendance à sous estimer ma valeur dans la vie de mes proches. Bref, j'ai honte de qui je suis à l'occasion, j'ai tellement peur d'être vu négativement par autrui que je m'isole d'eux, ce qui donne le message inverse que je me fous d'eux alors que la situation est aisément réversible. Et puis la dépression est arrivée. Je ne parviens plus à me lever, à travailler. Je me force à venir aux événements sociaux pour montrer à mes amis que je vais bien, alors que c'est loin d'être le cas. Je ne viens plus à mes cours. J'évite toutes communications. Je ne suis même pas sorti de ma chambre pour plus de 5 jours de suite. L'apathie m'a fait tombé dans le monde virtuel, avec qui j'ai déjà une forte addiction, délaissant mes réels buts de vie pour des objectifs éphémères dans des jeux, mes études liées à mes exams pour d'autres sujets comme l'histoire, la culture. Tout est devenu instantané, insipide mais distrayant. Du bien etre à petites doses, à la date de péremption déjà arrivée. Rien de constructif. Je tiens à remercier ceux qui ont souffert de mon état, qui ont cherché à m'aider ou ont tout simplement vécu aux côtés de ma souffrance. Désolé à mes camarades de classes envers qui je retardais de façon exagérée mes remises. Désolé d'avoir manqué mes réunions. Désolé à mes proches de vous avoir menti en disant que tout allait. Je ne suis rien sans vous. Voici donc pourquoi je quitte l'université pour au moins la session actuelle, que je désire revenir en arrière pour voir là où mon radeau s'est abimé en cours de voyage. Prendre soin de moi, autant sur le plan physique que psychologique, mais surtout m'écouter et suivre mon coeur. L'ironie d'étudier en psychologie est que lorsque rien ne va, ta matière ne fait que confirmer ton état malheureux, sans toutefois t'apporter de réponses. Tu continues au mieux que tu peux, mais tu as honte de ton rendement académique, tu es gêné de ton comportement devant tes amis, tu es tellement envahi d'affects négatifs que tu finis juste par éviter de les vivre, en dormant, t'occupant la tête. Tu finis par négliger ta santé, ton alimentation, ton sommeil et ton hygiène, mais tout te semble insignifiant. Plus maintenant. Plus jamais. Merci pour tout, je vous croise bientôt en meilleure forme mes loups. Si vous voulez me parler, si vous avez senti que ma description de mon mal vous ressemblait, partagez avec moi votre histoire. Ne changez pas car je vous aime tel que vous êtes. Thanks for coming to my TED talk »
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